fda_en_ligne« Nous ne serons pas à l'Assemblée nationale, hélas... J'ai reconnu à Nicolas Sarkozy un très grand talent d'illusionniste, mais l'illusionniste va devoir descendre de scène à un moment donné, et par conséquent, il va devoir se colleter avec les faits qui sont têtus » a déclaré Jean-Marie Le Pen dimanche soir. « Les Français n'ont pas voulu la vérité, ils ont préféré le mensonge doré de l'illusionniste Nicolas Sarkozy à la réalité froide décrite par le FN ».

Le président du FN a donc pris acte de la « défaite » de son Mouvement (4,40%, 1 116 000 voix), soulignant aussi que « l’Assemblée nationale est moins que jamais représentative puisque les Français se sont peu mobilisés. Les Français ont compris que le vrai pouvoir est à Bruxelles », à l’heure où 60% des lois qui s’appliquent dans notre pays se décident dans les cénacles européens et non au parlement français. Mais il aussi exhorté les patriotes à ne pas céder au découragement, rappelant que la longue marche du FN avait vu se succéder revers et victoires. « Nous serons là demain », « c'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière » a-t-il affirmé, alors que d’aucuns rappelaient qu’au 5% des européennes de 1999 succéda la qualification du président du FN au second tour de la présidentielle, et qu’après les 5% obtenus aux cantonales de 1988, suivi un an après l’élection de Marie-France Stirbois à l’assemblée au scrutin majoritaire.

Jean-Marie Le Pen a également une nouvelle fois dénoncé un mode de scrutin inique, l’absence de proportionnelle qui explique en partie le taux d’abstention très élevée. Ce que relevait Bruno Gollnisch également sous une forme imagée sur le plateau de France 2 : « les gens ne vont pas au cinéma quand il n’y pas de film dans la salle ». Or, la certitude claironnée d’une large victoire de l’UMP et la quasi assurance d’une absence de députés FN à l’assemblée a eu à l’évidence un effet très démobilisateur sur l’électorat patriote, malgré les mise en garde répétées des dirigeants du FN. Invité de I-Télé lundi, le Délégué général du FN a relevé qu’il était indéniable qu’une partie de l’électorat traditionnel frontiste a été séduit par le fait que « Nicolas Sarkozy et l'UMP aient repris les thèmes du Front National. Les thèmes mais pas, et c'est tout le problème justement, les mesures concrètes et cohérentes que nous proposons . « Ce n'est pas parce que vous êtes battu aux élections que vous avez forcément tort », a observé le dirigeant frontiste. Autant dire que Nicolas Sarkozy est « attendu au tournant dans un débat politique où le FN correspond à une tendance de fond, un débat qui va s'organiser de plus en plus autour de la question de la défense des identités d'une part ou du mondialisme de l'autre ». « Nous sommes des gens qui avons toujours préféré être battus sur nos idées plutôt que d'être élus sur celles des autres a-t-il ajouté. Par conséquent nous avons une certaine expérience de l'adversité ! ».