WILLY DALLAY -  Sud Ouest, Rive Gauche du 31 mai 2007-06-04


7e Circonscription : à 27 ans, le candidat du Front national entend représenter une "droite nationale décomplexée"

La Préférence nationale

Pour l'instant, le plus grand ennemi du candidat du Front National, Fabrice Sorlin, ne semble pas être la gauche, mais Nicolas Sarkozy : « Il a pillé notre programme. » Après ses « propos mielleux », il dénonce la trahison : « Il a trompé la droite nationale qui a voté pour lui, avec son ouverture à gauche. »

Il dénonce les effets ravageurs du vote utile sur le score de Jean-Marie le Pen. Personellement, Fabrice Sorlin table sur 7 à 8% dans une circonscription qu’il reconnaît « enracinée à gauche ». Il voit Alain Rousset en « éléphant local » d’un PS « mourant ». Si son suppléant, Gérard Aupetit, a 43 ans, le candidat FN est épaulé par une équipe d’une trentaine de militants de 18 à 30 ans, représentant une « droite nationale décomplexée ».Si l’on en croit Fabrice Sorlin, les gens de gauche qui espéraient que le Front vieillirait comme son leader, sont pour leur frais : « l’arbre donne de bons fruits (…) qui n’ont pas peur de montrer leur attachement à la France, à la Patrie et à la préférence nationale ».

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« Amour mutuelle ». C’est le cœur du discours d’un homme qui « traite les gens sans faire de différence, quelque soit leur couleur », à condition qu’ils ne soient pas « hors-la-loi » : « Les sans-papiers doivent être raccompagnés dans la dignité ». Obtenir la nationalité française deviendrait plus difficile si Fabrice Sorlin pouvait légiférer à l’assemblée : « Changement du mode de naturalisation, suppression du regroupement familial et des régularisations massives de gens qui ne viennent que pour des avantages et ne sentent pas français. Il faut un engagement réciproque d’amour mutuel ». M. Sorlin comprend que les étrangers soient malheureux chez eux, mais estime que le contribuable français « de plus en plus pauvre » n’a pas les moyens de supporter la misère du monde : « La solution, c’est d’aider ces pays ces pays à se développer. »

L’Europe ne lui paraît pas apte à résoudre ces problèmes : « Nous sommes contre la constitution européenne, comme tous les Français qui l’ont rejetée ». Toutefois, les motivations des uns et des autres sont peut-être différentes et complexes. Fabrice Sorlin assume les risques de sa mission jusque dans les cités où ses idées sur la préférence nationale ne lui font pas que des amis : « Il n’y a pas de zone de non-droit. On va partout « coller et boîter » (1) en refusant l’affrontement. Quand la tension monte, on part … et on revient un peu plus tard. Quelquefois, on a des contacts intéressants. L’électorat des cités est très hétérogène. Certains sont rassurés par nos idées. »

(1) : coller des affiches et mettre des tracts dans les boîtes aux lettres.